mardi 5 mai 2009

EPOQUE CONTEMPORAINE

Les écrivains d'aujoud'hui



Il est un peu difficile de parler des écrivains contemporains. Pourquoi ? Ils ne sont pas morts ! Eh oui c’est encore redondant ce que j’écris là mais il est tellement plus simple d’écrire sur l’œuvre d’un écrivain qui n’est plus. Avantage : interpréter l’œuvre de l’écrivain sous un autre angle que celui de l’écrivain. Pensez-vous que nous pourrions autant interpréter « les Fleurs du Mal » de Baudelaire s’il était encore vivant ? A la moindre remarque déplacée il se lèverait et s’écrirait mais « je n’ai pas voulu dire cela ». Donc ce ne serait plus intéressant d’interpréter le rapport de l’auteur à la femme puisqu’il serait vivant pour le faire lui-même !
Bref, on ne va pas attendre qu’Anna Gavalda, ou Marc Lévy ne soient plus de ce monde pour en faire l’éloge. Comme ces écrivains sont contemporains et que ce siècle n’en est qu’à son balbutiement il est difficile de définir un courant littéraire. Je ne parlerai donc pas d’un groupe d’écrivains qui possèdent le même style mais de ce que j’aime lire lorsque l’envie me prend d’abandonner les touches bruyantes de mon ordinateur pour le doux toucher d’une feuille de papier que l’on caresse avant de passer à la page suivante…
Cette année je n’ai pas beaucoup lu. Hélas ! Mais le temps est toujours notre ennemi. J’ai quand même réussi à voler des minutes voire des heures de lectures, et cela, j’avoue, surtout dans un métro ou un tram.
Anna Gavalda est l’écrivain qui se lit sans doute le plus facilement. J’avais déjà, dès sa sortie, lu l’une de ses premières œuvres « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part ». Je me suis ensuite attaquée à « Ensemble, c’est Tout » et « Je l’aimais ». Ce genre de lecture donne du baume au cœur. Ces histoires sont tellement belles qu’on voudrait s’y attarder… Enfin, le mois dernier j’ai lu son dernier roman « La Consolante ». Ce roman est paru en mars 2008, je l’ai lu en mars 2009 et pourquoi pas ? Le livre est un pavé, comme à l’habitude d’Anna Gavalda. Un peu plus de 600 pages pour suivre les aventures d’un certain Charles Balanda qui a toujours l’air d’être dépassé par les situations. C’est le genre de personne que l’on voudrait bien secouer pour le rendre conscient. Il semble être en mode pause. Rien ne l’intéresse, il n’intéresse personne. Pourtant il est architecte, homme donc de mesure et de perspective. Et pourtant il ne possède ni perspective ni mesure. Au début j’y ai vu un héros « hamletien ». Sa vie passe devant lui sans qu’il n’ait le moindre pouvoir. Il aimerait faire tant de choses mais il reste impuissant. Il a une sorte de dégoût de la vie. Ce roman est très différent des autres romans d’Anna Gavalda mais il n’en est pas moins de qualité. A lire sur une plage ou sur son lit… Eventuellement dans le métro !
Marc Lévy se lit comme on lit Anna Gavalda. Ces romans mettent en scène des romans de vie, des histoires d’amour qui se mêlent et se démêlent. J’ai apprécié les quatre romans que j’ai lu :


- Mes amis, Mes amours
- Et si c’était vrai
- Où es-tu ?
- Vous revoir


Pour changer un peu des romans où tout est bien qui se finit bien, j’ai décidé d’aller m’emparer de roman de guerre. « Les sirènes de Bagdad » de Yasmina Khadra, 300 pages, se prêtaient très bien à une lecture dans le métro. C’est un livre poignant. J’y ai trouvé une sphère camusienne. C’est un roman psychologique qui perturbe le lecteur car on voudrait empêcher le personnage principal d’agir. Quant on lit « L’Etranger » de Camus on a la même impression d’impuissance et d’échec. On voudrait aider mais le personnage lui-même ne voit pas qu’il creuse sa propre tombe. Yasmina Khadra rend bien les problèmes, les questionnements qu’on peut se poser lors de conflits. Ce que j’apprécie dans ce roman c’est que l’écrivain ne stigmatise pas. Il ne s’agit pas de mettre la faute sur telle ou telle partie mais de montrer que la guerre, comme pour les écrivains de « l’absurde », représente l’impuissance, la nullité et l’absurdité de l’homme.
Pour rester dans le même thème, j’ai acheté « Les Bienveillantes » de Jonathan Littell, environ 1400 pages (éd. de poche) sous le thème du néo-nazisme. L’écrivain emprunte son titre à une tragédie d’Eschyle « Les Euménides » qui signifie les bienveillantes. Dans le roman de J. Littell on peut suivre un ancien SS qui raconte sa période « SS ». Le personnage ne fait pas son Mea culpa bien au contraire : il justifie ses actes ! C’est aussi un roman très psychologique. Ame sensible s’abstenir.

Bibliographie + extraits :


  • Anna Gavalda :
    - "Ensemble, c’est tout"
    - "Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part"
    - "Je l’aimais"
    - "La Consolante"


Extrait de "La Consolante"
"Oui elle faisait le pitre. Et pas seulement pour la photo. Pas seulement pour sauver Charles de l'autre binocle. Pas seulement parce qu'il faisait beau et qu'elle se sentait en confiance dans un viseur qui l'aimait. Riait, léchait son verre quand la mousse débordait, leur catapultait des dragées et s'était même fabriqué des dents de vampire en nougatine, mais c'était... pour faire diversion... Oublier et surtout, leur faire oublier à tous, que sa seule famille ce jour-là, les seuls êtres humains avec lesquels elle pourrait dire plus tard 'Mais si... C'était à la communion du petit, tu sais bien ...' et qui s'étaient improvisés parrain et marraine au moment de signer les registres, étaient une collègue de travail et un vieux cabot plus choucrouté que jamais..."
- page : 157 - éditeur : Le Dilettante - date d'édition : 2008 -
  • Marc Lévy :
    - "Mes amis, Mes amours"
    - "Et si c’était vrai"
    - "Où es-tu ?"


Extrait de "Où es-tu ?"
«On rêve d’un idéal, on le prie, on l’appelle, on le guette, et puis le jour où il se dessine, on découvre la peur de le vivre, celle de ne pas être à la hauteur de ses propres rêves, celle encore de les marier à une réalité dont on devient responsable.»
- " Vous revoir"
  • Yasmina Khadra : "Les sirènes de Bagdad"

Extrait du livre

"Encore autre chose, cousin, me chuchota-t-il. Si tu tiens à te battre, fais-le proprement. Bats-toi pour ton pays, pas contre le monde entier . Fais la part des choses et distingue le bon grain de l'ivraie. Ne tue pas n'importe qui, ne tire pas n'importe comment. Il y a plus d'innocents qui tombent que de salauds. Tu le promets ? -... - Tu vois ? Tu fais déjà fausse route. Le monde n'est pas notre ennemi. Rappelle-toi les peuples qui ont protesté contre la guerre préventive, ces millions de gens qui ont marché à Madrid, Rome, Paris, Tokyo, en Amérique du sud, en Asie. Tous étaient et sont encore de notre côté. "
- chapitre : 13 - éditeur : Pocket - date d'édition : 2007 –


  • Jonathan Littell : "Les Bienveillantes"
    Extrait du livre

"J'entendais des cris, des hurlements sauvages ; dans la cour de l’église, un groupe d'hommes battaient cruellement des Juifs couchés au sol, avec des gourdins ou des barres en fer. Certains des corps ne bougeaient plus sous les coups ; d'autres tressautaient encore. 'Herr Offizier ! criait le prêtre, faites quelque chose, je vous en prie ! C'est une église, ici.' Je restai près du portail, indécis ; le prêtre essayait de me tirer par le bras. Je ne sais pas à quoi je pensais. "
- chapitre : Allemandes I et II -

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